"Des gambero rosso crues à l'huile d'olive, un poulet aux morilles, et un flan. Le tout avec un savagnin du Jura."
Alicia Dorey
Alicia Dorey
Journaliste et auteure, Alicia Dorey explore le vin et la gastronomie comme des faits culturels à part entière. Ancienne responsable éditoriale de Figaro Vin, elle développe aujourd’hui une écriture sensible et engagée, attentive aux gestes, aux récits et aux femmes et hommes qui façonnent notre manière de boire et de manger. À travers ses livres, ses podcasts et ses collaborations avec la presse, elle interroge notre rapport à l’ivresse, au plaisir et à l’art de vivre, avec une approche à la fois intime, politique et contemporaine. Curieuse et libre, elle défend une vision du vin ancrée dans le vivant, la transmission et l’émotion.
Quelle est votre histoire, votre genèse ? J'ai grandi dans une maison entourée de nature, j'étais une enfant plutôt dans la lune et passionnée de lecture. Mes parents n'étaient pas de grands voyageurs, et mon moment de bascule aura été un départ en solitaire pour vivre aux États-Unis à l'âge de 15 ans. Tout à coup, l'horizon m'a semblé bien plus vaste, penser dans une autre langue m'a permis de faire de grandes études, d'assouvir ma passion pour la littérature et de commencer ma carrière dans l'édition, avant de migrer doucement vers le journalisme, d'abord culturel, puis l'art de vivre, et enfin de découvrir le vin sur le tard, au détour d'une bouteille qui a changé ma vie.
Qu’est-ce qui a façonné votre goût (au sens large) ? Le jardin de mes parents, où je passais des journées entières à sentir et à goûter, à apprendre le nom de chaque fleur, herbe, arbre, etc. Rétrospectivement, cela reste encore très précieux dans ma façon d'appréhender tout ce que je mange et bois aujourd'hui.
Quel savoir-faire vous a-t-on transmis ? Aucun qui fasse de moi une personne manuelle. Je ne sais pas distinguer ma droite de ma gauche, ce qui est assez cocasse, et me condamne à ce que mon seul talent soit plutôt du côté cérébral.
Quelle valeur essayez-vous à votre tour de transmettre ?
La douceur.
Qu’auriez-vous aimé savoir faire de vos mains ? J'aime être entourée de beauté, et je suis fascinée par les tapisseries. J'aurais aimé apprendre la broderie. Il n'est peut-être pas trop tard.
Qu’est-ce que vous avez de plus français ? Mon amour pour le vin.
Quelle est votre plus grande aventure ? Chacun de mes voyages aura été une grande aventure, j'ai un côté très romanesque qui me permet de transformer la moindre escapade en mise en scène.
Quel est votre bistrot ou institution préférée ? Vantre, dans le 11ème arrondissement de Paris.
Quel icône représente le mieux la France selon vous ? Etienne Daho, bien sûr.
Quel est votre mantra ou une devise qui accompagne votre vie ? Je fais toujours primer l'esthétique sur le confort.
Y-a t’il un objet ou une œuvre qui incarne le goût français ? Encore des nouilles, de Pierre Desproges.
Qui trouve -t-on à votre table pour un diner idéal ? Marguerite Duras, Claude Chabrol et Arielle Dombasle.
Quel serait votre menu idéal (entrée-plat-dessert + accords mets et vin) ? Des gambero rosso crues à l'huile d'olive, un poulet aux morilles, et un flan. Le tout avec un savagnin du Jura.
Quel est votre meilleur souvenir gastronomique ? Un dîner chez Celler de San Roca, à Girone.
Que vous évoque La vieille prune de Souillac ? Le réchauffement délicieux des fins de soirée.